non mais des fois

09 avril 2014

COMMENT LE SUCRE ET LA MALBOUFFE INFLUENCENT NOTRE COMPORTEMENT




On n'a pas beaucoup parlé des constatations qui ont été faites, il y a quelques années, par le Dr Staye, agent de probation dans un cadre de liberté surveillée de délinquants dans l’Ohio. Le Dr Staye a remarqué que ces délinquants avaient une très mauvaise alimentation avec beaucoup de sucre, beaucoup de malbouffe, de nourriture avec des additifs tels que le glutamate monosodique (exhausteur de goût) et l’aspartame (boissons light). Elle a également noté que plus de la moitié d’entre eux continuaient d'avoir un comportement antisocial, violent, et commettaient des vols pendant leur peine. Mais si on les mettait sous un régime équilibré, seulement 8% persistaient dans leur violence.

Concernant les drogues, les résultats sont aussi intéressants. D'autres études ont montré que parmi ceux qui consommaient beaucoup de sucre et de malbouffe, 47% continuaient la drogue durant leur période de liberté surveillée. Par contre, parmi ceux qui avaient accepté une alimentation contrôlée, seulement 13% continuaient la drogue.

Au centre d’enfants d’Oklahoma, on a réduit de 43% les crimes des jeunes délinquants en réglant simplement les problèmes de malbouffe. Et puis, on est allé plus loin en étudiant les électroencéphalogrammes des prisonniers. Chez les prisonniers violents, on a trouvé 14 anomalies dans les électroencéphalogrammes. Avec le changement de régime, ces anomalies sont passées au nombre de 2.

Il y a aussi une relation importante avec les comportements suicidaires. Dans des prisons d’Alabama, on a fait les mêmes études. En changeant le régime des prisonniers, il y a eu 42% de réduction des actes suicidaires et 61% de réduction des comportements antisociaux sur une seule année.

Comment le sucre influence le cerveau

L'explication de l'influence de la consommation de sucre sur l'humeur est assez simple. Quand le sucre est consommé en excès, le pancréas s’affole et fournit trop d’insuline, celle-ci comme on le sait, devant régler le taux de sucre dans le sang ; du coup, le sang se trouve en carence de sucre, et c’est l’hypoglycémie. Le corps tente alors de remonter ce taux de sucre en stimulant les surrénales qui vont produire deux hormones : d’une part l’adrénaline et d’autre part l’épinéphrine et sa cousine la norépinéphrine. Ces hormones excitent le cerveau et le mettent en hyperactivité. Mais comme le cerveau manque de sucre (son principal carburant est le glucose), il produit du glutamate, qui est un neurotransmetteur excitateur. Il en résulte alors une grande nervosité.

La consommation de sucre est toujours suivie d’une hypersécrétion d’insuline. Le taux de sucre dans le sang tombe si bas, que l’on est pris d’une sensation d’anxiété, de colère, de fatigue, et même de faiblesse intense, accompagnée … d’une envie impérative de sucre ! Et l’on est piégé dans un cycle infernal d’addiction...

Le syndrome de perte de contrôle

Les effets remarquables chez les individus les plus agressifs sont au niveau du lobe temporal, qui ne sert pas qu’à la mémoire mais est responsable des émotions, particulièrement de la colère. Les personnes qui ont un dysfonctionnement du lobe temporal peuvent, lorsqu’elles sont en hypoglycémie, devenir folles de rage sans aucune raison ou pour des raisons insignifiantes.

Une électrode installée dans ce site pourrait vous transformer en criminel d’une minute à l’autre, d’une façon incontrôlable. Dans un groupe d’Indiens du Pérou, on a trouvé que 50% étaient hypoglycémiques, et c’est l’une des tribus les plus violentes de la planète.

Le cas typique de Raymond

Alors qu’il se disputait avec sa petite amie à propos d’une peccadille, tout d’un coup, il est devenu fou de rage. Il a pris son Magnum et le lui a mis dans la bouche. Elle s’est alors débattue et a repoussé violemment l’arme, ce qui a fait qu’il lui a tiré dans la main. Bien qu’elle n’ait pas voulu porter plainte, l’Etat a arrêté Raymond. Le docteur Staye a consulté l’historique de Raymond, et a trouvé les points suivants :

À l’âge de 4 ans, sa mère avait constaté qu’il avait des épisodes de faiblesse et d’absence, et elle lui donnait alors un peu de sucre, ce qui lui faisait reprendre ses jeux ; trouvant la recette efficace, elle recommençait à chaque fois que cela se produisait. En fait il était à chaque fois en hypoglycémie.
À 13 ans, il avait des sautes d’humeur importantes, et ses résultats scolaires furent très mauvais; il eut même des épisodes de violence…. Toujours à cause de chutes de glycémie.
À 23 ans, il commet cette tentative d’assassinat…..
Pendant sa liberté surveillée, on l’a mis à un régime contrôlé, le privant des cookies, des bonbons, du café, des sodas, etc., et il ne commit plus aucun délit, ni aucun acte violent. Il était devenu une personne différente, et les gens n’en revenaient pas.

L'ascension vertigineuse du sucre

En 1900, un américain consommait en moyenne, 2 kilos de sucre par an. Actuellement, il en consomme 60 kilos ! Plus de 60% du sucre vient de l’alimentation industrielle (43% entre jus de fruits et sodas). Nous ne sommes pas Américains, je veux bien, mais nous suivons la même pente.

Dès que les bébés sont en âge de manger, les mères leur donnent des jus de pommes en brique qui contiennent 35 gr de sucre ! Tous les jus ont de fortes concentrations en sucre, et les parents élèvent leurs enfants avec cela.

Puis vient l'adolescence et la consommation de sodas. Toujours aux USA, les ados boivent l’équivalent de 54 cuillères à café de sucre par jour, seulement en sodas. La limite maximum ne devrait pas dépasser 10 cuillères par jour.

Même les personnes plus âgées sont tombées dedans. Une étude de l’UMC-Chapel Hill montre que les adultes de 40 à 60 ans ont augmenté leur consommation de boissons sucrées de 250% entre 1972 et 2001. Ceux de plus de 60 ans ont augmenté de 300%. On sait que cela provoque une augmentation des radicaux libres dans le cerveau et on a en outre trouvé que les grands consommateurs de sucre ont 6 fois plus de chances d’avoir un Alzheimer, en raison des lésions permanentes faites au cerveau.

Sucre et alcool, mêmes effets

Par ailleurs, de nombreuses études montrent qu’il y a aussi une forte corrélation entre l’abus d’alcool, l’hypoglycémie et les comportements criminels. En fait, les métabolismes de l’alcool et du sucre sont les mêmes. La plupart des prisonniers violents des prisons sont hypoglycémiques et alcooliques. A chaque fois qu’ils boivent de l’alcool, nous savons que leur taux de sucre diminue dramatiquement dans le sang. Cela peut aller jusqu’au coma hypoglycémique et même un AVC mortel.

Près de 97% des alcooliques sont hypoglycémiques, comparés à 18% dans la population générale. La raison en est qu’à chaque fois que l’alcoolique est en hypoglycémie, il reboit, se sent mieux provisoirement, et c’est le cycle infernal !...Quand on règle la glycémie de ces gens, 71% deviennent sobres, comparés à 25% pour les Alcooliques Anonymes.

Aspartame et glutamate :
des faux sucres super-dangereux

Il y a aussi l’aspartame qui est un grand responsable de l’hypoglycémie, ainsi que le glutamate monosodique (GMS) qui sont deux puissants stimulateurs de l’insuline. Les deux rendent hypoglycémique. Selon la FDA, un de leurs effets rapportés est la prise de poids. Tout le monde croit les publicités affirmant que ces produits vont leur faire perdre du poids, alors que c’est l’inverse car ils poussent au grignotage.

Quand vous être hypoglycémique et que vous prenez du glutamate, les effets se démultiplient. C’est extrêmement courant dans la société. Le mélange « chips-soda » peut devenir explosif et vous rendre enragé, sans compter que les excitotoxines détruisent le cerveau ! Avec une injection de glutamate dans l’hypothalamus, une souris peut attaquer un chat !

Des études et encore des études

Une étude finlandaise de 1983 s'est intéressée aux délinquants violents en prison. Chez les impulsifs qui attaquaient sans raison, les chercheurs ont remarqué que le sucre chutait soudainement dans leur sang, puis remontait rapidement. Parmi les délinquants mineurs (vols à la tire…..), le taux de sucre chutait rapidement mais remontait doucement.

Le Dr Ron Prinz de l’Université de Floride, fut le premier à étudier l’effet du sucre sur le comportement des enfants en 1980. Il constata d’abord que généralement 40% des rations caloriques de ces enfants étaient composés de sucre. Les plus gros consommateurs (25% de ces enfants), étaient hyperactifs et avaient un déficit de l’attention. C’est ce genre d’enfant qui se frappe la tête contre les murs et que l’on met sous Ritaline.

La Dr Jayne Goldman de l’Université du Connecticut, a fait une expérience intéressante en 1986. Elle donna une dose de sucre à des enfants, correspondant à un Coca-Cola. Elle constata une chute des performances mentales 30 mn après cette consommation, et qui atteignait son maximum une heure après l’ingestion.

Judith Worthman et son mari, neuroscientifiques, ont mené une étude sur la nutrition du cerveau. Ils ont fait une corrélation entre l’absorption de sucre, le comportement, et le niveau de sérotonine dans le cerveau.

Il faut noter que tous les antidépresseurs, que l’on appelle « IRS », sont des drogues qui régulent la production de sérotonine dans le cerveau. Réguler, cela peut vouloir dire diminuer. Mais chez certaines personnes, ces drogues diminuent le taux de sérotonine, et ces personnes se suicident ou commettent des meurtres. Les « serial killer » consomment pratiquement toujours ces drogues anti-dépressives. Donc, on rend meurtriers des enfants en diminuant leur taux de sérotonine, alors que l’on prétendait l’augmenter. Le taux de sérotonine est en relation avec le taux de sucre. Nous avons vu que l’on peut créer des souris tueuses en diminuant simplement leur taux de sérotonine dans le cerveau.

Egger et Carter ont étudié - en1985 - 76 enfants hyperactifs qui ont été mis à un régime pauvre en glucide, sans colorant. 82% se sont améliorés et 18% sont redevenu normaux. Les réactions les plus violentes ont été avec le colorant jaune E102 et le benzoate de sodium E211.

Pour conclure, une petite précision : dans la tribu indienne des Kuolla dont je vous parlais, où 55% des hommes sont très agressifs et hypoglycémiques, l'alimentation quotidienne principale est composée de pommes de terre, qui sont connues pour être fortement hypoglycémiantes…

Source des informations : Dr Russell Blaylock, neurologue américain

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12 décembre 2013

chalutage en eau profonde, la berezina

‪#‎LISTE‬ ‪#‎chalutageeneauxprofondes‬

C'est quand même pas mal de savoir QUI a donné sa voix au chalutage en eau profonde ! Il manquait 16 voix pour arrêter le massacre.
Parce qu'ils nous représentent et votent soit disant en notre nom. Voici les 35 députés français siégeant à l'assemblée européenne qui ont voté contre les océans ! merci à Jean-Marcel Bouguereau de la communiquer
...
FN: Gollnisch, Le Pen Jean-Marie, Le Pen Marine Le Pen

Droit et centre droit: Audy, Berra, Boulland, Cadec, Cavada, Dantin, Daul, David, Franco, Gallo, Gauzes, Grossetete, Hortefeux, Juvin, Lamassoure, Le Brun, Le Grip, Mathieu Houillon, Morin-Chartier, Ponga, Proust, Roatta, Saifi,

Socialistes: Andrieu, Castex, Cottigny, Guillaume, Hoang Ngoc, Pargneaux, Thomas, Trautmann, Vergnaud,

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05 septembre 2013

On nous cache tout, on nous dit rien - (Extait de l´excellent blog PLANÈTE SANS VISA, Fabrice Nicolino , longue vie à eux deux)

Retraite, ou déroute générale ?

Cet article a paru dans Charlie Hebdo le 28 août 2013

Le plan de financement des retraites passe totalement à côté de l’essentiel. L’espérance de vie commence à flageoler, et les épidémies en cours, du cancer à Alzheimer, ont de quoi faire flipper.

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Sur ce point-là, ils sont tous d’accord. La droite, les socialos, le Medef, et les innombrables commentateurs qui squattent l’espace public depuis l’éternité. Il faut trouver du fric pour les retraites, car il y a de plus en plus de vieux, qui vivent de plus en plus vieux. On saura donc avant la fin août ce que Hollande, Ayrault et Sapin ont concocté. Probablement de ceci, et sûrement de cela, de façon à pouvoir refiler le vieux bébé à ceux qui tiendront le manche en 2020.

L’argument le plus ressassé, ad nauseam, est celui de l’espérance de vie. Pour les neuneus de tous bords, la courbe est grosso modo linéaire depuis deux siècles : on gagne trois mois de vie en plus chaque année. Pour les hommes, on serait autour de 78 ans, et pour les femmes, de 85. L’espérance de vie serait comme la croissance. Éternelle.

Première évidence : l’espérance de vie en bonne santé régresse. En avril 2012, l’Institut national des études démographiques (Ined) constatait une baisse, depuis 2006, de « l’espérance de vie sans incapacité », ou EVSI. En résumé express, tu vis plus vieux, mais avec de plus en plus de gros emmerdes. Tu pars en retraite à 62 ans, ou 63, ou 65, mais avec un déambulateur sous le bras.

Deuxième évidence beaucoup plus chiante encore : l’espérance de vie brute stagne ou diminue au moment même où les gazettes prétendent le contraire. L’alerte est venue des États-Unis en décembre 2010, à la suite d’un rapport des Centers for Disease Control (CDC) montrant une baisse de l’espérance de vie des Américains en 2008. Idem en France, où l’Insee a constaté une diminution de l’espérance de vie en 2011. Même si, dans les deux cas, le recul est très faible, cela n’interdit pas de se poser des questions.

Les démographes sont en général des gens sérieux, mais il ne faut pas leur demander l’impossible, car l’art de la courbe a ses limites. Or il faut rappeler que les vieillards cacochymes d’aujourd’hui sont nés dans un monde totalement différent. Leurs système nerveux et endocrinien, leur cerveau n’ont pas eu à affronter, au moment de leur assemblage, les millions de molécules de synthèse recrachés par l’industrie chimique jusque dans le trou du cul des abeilles. En vérité, rien n’indique que ceux qui ont bu de l’eau – et du vin – frelatés, bouffé conservateurs et colorants, respiré l’air des villes ou celui de maisons – plus pollué encore – pourront vivre aussi vieux.

La raison même, celle dont se réclament pourtant Ayrault et consorts, suggère le contraire. Les humains ne sont-ils pas confrontés à une dégradation générale de leurs conditions de vie ? De véritables épidémies de santé publique déferlent, sans que nos Excellences ne daignent faire de lien. Et par exemple :

*L’épidémie de diabète est fulgurante. Près de 300 millions de personnes sont atteintes dans le monde. Elles pourraient être 438 millions en 2030 selon l’OMS.

*L’obésité touchait 500 millions de personnes en 2010, et les chiffres explosent. En France, 15 % de la population adulte est obèse.

*Le cancer. Selon les derniers chiffres de l’Institut de veille sanitaire (InVS), les cas de cancer ont augmenté en France de 107,6 % chez les hommes et de 111,4 % chez les femmes entre 1980 et 2012.

*Alzheimer touche environ 900 000 personnes en France, mais le nombre de malades grimpe de 225 000 par an. On en attend 66 millions dans le monde en 2030.

*Parkinson frappe 150 000 personnes en France, et l’incidence augmente de 10 % par an.

Etc, etc, etc. On n’évoque même pas les maladies cardiovasculaires et respiratoires, la fibromyalgie, et quantité d’autres affections peu ou mal connues, qui explosent elles aussi. D’évidence, plusieurs facteurs sont en cause, mais d’évidence aussi, il se passe quelque chose de fulgurant à l’échelle du temps humain. Tous les signaux dont se gargarisent tant les experts sont au rouge, ce qui n’empêche personne de pérorer sur le progrès généralisé. Les discussions récurrentes de la retraite ne sont qu’une vaste foutaise.

À quand les vraies batailles contre la bouffe industrielle et la chimie de synthèse ?

 

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31 juillet 2013

Extraits du Journal de Jules Renard

 “j’ai le coeur empli de feuilles mortes…Si tu crains la solitude, n’essaie pas d’être juste.
N’ayons pas d’orgueil ! Au premier éclair de lucidité nous verrions que nous sommes dupes, et nous serions pleins de pitié pour nous-mêmes. Livrons-nous à l’universelle loi d’éparpillement.

Regardez, aux premiers jours d’octobre, comme les perdrix fuient , affolées.
Leur vie, qu’elles ont eu tant de peine à défendre contre la grêle, la sécheresse, les bêtes de proie, n’est plus que terreur depuis l’apparition de l’homme avec son bâton qui fait du bruit et de la fumée. Le paysan est peut-être la seule espèce d’homme qui n’aime pas la campagne et ne la regarde jamais…
L’amour de la nature est comme un amour, et la campagne m’empêche de travailler comme une maitresse.
Si je pouvais m’arranger avec dieu, je lui demanderais de me métamorphoser en arbre, un arbre qui du haut des Croisettes, regarderait mon village. Oui, j’aimerais mieux çà qu’une statue

Dieu n’a pas mal réussi la nature, mais il a raté l’homme. Puis l’heure rose, l’heure tendre, l’heure divine arrive. C’est une surprise que Dieu nous fait chaque soir. Il faudrait se coucher dans tous ces prés, boire à toutes ces fraicheurs, vivre là, là et mourir partout. AUTOS SUR LA ROUTE, CHASSEURS DANS LES CHAMPS, LA TERRE DEVIENT INHABITABLE.
J’ai la certitude qu’une humanité chaste serait infiniment supérieure.
La vie n’est ni longue, ni courte : elle a des longueurs.
J’entre dans les mauvaises nuits en attendant la nuit..(quelques jours avant sa mort en 1910)..”

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13 juillet 2013

phagotherapie

Phagothérapie : La relève de l’antibiothérapie ?

 « Connaissez-vous les phages ? Ils m’ont sauvé la jambe ! » Les quoi ? Les bactériophages, virus tueurs de bactéries utilisés par la phagothérapie ! Pas cher, sans effets secondaires, capables de détruire n’importe quelle bactérie, même résistante. Les phages sont, ni plus ni moins, l’alternative aux antibiotiques… sauf qu’ils sont interdits en France.

Juin 2008. La sentence tombe : « Monsieur Fortuna, vous avez un staphylocoque doré. Nous ne pouvons plus rien. » Derrière le nom de cette bactérie Gram positif se dévoile le spectre de l’amputation.

7 juillet 1975. Serge Fortuna passe des vacances avec un ami en Allemagne. Ils projettent la traversée du pays à moto. Mais c’est le pare-brise d’une automobile qu’il traverse, lors d’un accident de la circulation qui le laisse sur le bitume avec une fracture ouverte multifragmentaire tibia-péroné, hauteur réglementaire des pare-chocs d’une voiture. Broches, plâtre, hospitalisation, les vacances sont pourries. Mais moins que la plaie qui ne tarde pas à s’infecter. La gangrène, à 17 ans, quelle guigne. Serge Fortuna subit des curetages de l’os qui se concluent par une greffe osseuse. De retour au pays, il apprend qu’il souffre d’une ostéite. Il lui faudra trois ans (dont une année alité) avant de remettre le pied par terre et de voir sa plaie suintante se refermer.

La vie de Serge Fortuna ne sera qu’une succession d’épisodes d’un calvaire ponctués de curetage, d’antibiothérapie en veux-tu en voilà, totalisant trente-neuf opérations chirurgicales ! Jusqu’à ce funeste jour de l’été 2008. L’amputation est suggérée à demi-mot par l’équipe médicale, mais c’est à un Fortuna souffrant le martyr de la demander : « On m’invite à consulter un psychiatre afin de vérifier mon état mental puis on me pousse à rédiger une lettre de motivation. » Il l’avait rédigée sa lettre, datée et signée, sauf que… Fortuna tombe sur un article évoquant une thérapie ancienne – pratiquée en France au début du XXe siècle jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par l’antibiothérapie – mais toujours pratiquée, notamment en Géorgie : la phagothérapie.

Phage conseil

La phagothérapie, c’est l’utilisation de bactériophages, de virus capables de s’attaquer et de dévorer n’importe quelle bactérie tout en épargnant les cellules humaines.

Du vivant pour lutter contre du vivant

N’importe quelle bactérie ? Oui répondent les spécialistes que nous avons contactés. Laurent Debarbieux, directeur de recherche sur les bactériophages à l’Institut Pasteur, dévoile ces chiffres hallucinants : « On compte dix phages différents pour une espèce bactérienne, ce qui offre des possibilités de thérapie remarquables. » Des phages qui, contrairement aux molécules bactéricides de l’antibiothérapie, ne craignent pas les mutations des bactéries. « Aucune bactérie ne peut opposer de résistance à un bactériophage. Ce dernier se renouvelle par et au détriment des bactéries. Et elles évoluent ainsi depuis des milliards d’années. Donc la phagothérapie n’est pas une solution ponctuelle mais durable », insiste le Dr Debarbieux. Le Dr Alain Dublanchet, ancien chef de service à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, et infectiologue précise : « La phagothérapie propose non seulement un moyen naturel de lutter contre les infections, mais de plus, la mise au point d’un traitement est très rapide. En 10 ou 15 jours, on peut trouver un bactériophage parfaitement adapté à combattre un germe rare, quel qu’il soit. Cette souplesse est due au fait que ce traitement sélectionne du vivant pour lutter contre du vivant. »

Tueurs à phages

Serge Fortuna se rend à Tbilissi, capitale de la Géorgie. Il s’adjoint les services d’un traducteur et se rend au Phage Therapy Center, seule adresse qu’il ait trouvée sur internet, où le reçoivent un médecin et un biologiste. Examens des radios et autres analyses, prises de sang, prélèvement de la plaie, et le voilà hospitalisé avec un pansement imbibé d’une solution de phages.

Les résultats des tests ?

À faire peur : staphylocoque doré, streptocoque, Escherichia coli, immunité déficiente. Mais l’équipe médicale n’est pas plus inquiète que ça. Fortuna paye 2 000 dollars pour trois semaines d’hospitalisation. Une paille pour sauver une jambe.

La thérapie commence

Deux fois par jour, il absorbe un cocktail de phages en ampoules. Tous les deux jours, les pansements sont changés et la plaie nettoyée au moyen d’une solution de phages. Tous les deux jours, Serge Fortuna est perfusé à la vitamine C. Chaque semaine, en fonction des analyses, l’équipe change de phages. Non seulement le traitement ne semble pas induire d’effets secondaires, mais Fortuna se sent en pleine forme. Ce qu’explique Alain Dublanchet : « La phagothérapie est un traitement sur mesure, a contrario du prêt-à-porter de l’antibiothérapie. La standardisation de cette dernière entre en contradiction avec la spécificité de chaque métabolisme et peut entraîner une série d’effets secondaires parfois rédhibitoires. » Sa plaie se referme. Les douleurs arthrosiques qui l’accompagnent depuis des décennies disparaissent. À la fin du séjour, la plaie est quasiment fermée. On lui propose un contrôle quatre mois plus tard qui aura les mêmes résultats que celui de la sortie d’hôpital : staphylocoque inactif, streptocoque et Escherichia coli éradiqués.

De retour chez lui, ses proches n’arrivent pas à le croire : Fortuna, qui n’a plus qu’à reconstituer sa flore intestinale saccagée par l’antibiothérapie, ne boîte plus.

Témoignages

De tels témoignages sont nombreux. Dès qu’il y a impasse thérapeutique dans le domaine infectieux, les virus tueurs abattent des atouts majeurs qui marquent les médecins, tels Jérôme Larché, du Centre hospitalier de Narbonne, tombé dans la phagothérapie par « la lutte que mène [son] frère atteint de mucoviscidose. Il suit un traitement par les phages qui lui a apporté une qualité de vie meilleure ». Membre de Phagespoirs, association créée en 2009, pour supporter la recherche, informer et aider les patients qui se trouvent face à des impasses thérapeutiques et exprimer un plaidoyer auprès des autorités sanitaires et politiques pour que les lignes bougent.

Médecine à la Ponce Pilate

Car c’est bien évidemment ici que le bât blesse. Toute la communauté scientifique s’accorde pour apporter plus qu’un crédit à la phagothérapie puisqu’elle est la solution aux bactéries multirésistantes, les exemples de guérisons sans effets secondaires en attestent, mais si vous, vous désirez l’utiliser, vous soigner par cette thérapie naturelle, vous ne le pourrez pas. Certes, ce qui n’est pas formellement interdit est autorisé, et les Drs Alain Dublanchet et Olivier Patay ont déjà soigné des patients avec des phages à l’hôpital de Villeneuve-Saint-Georges, mais comme nous l’indique Dublanchet : « Nous avons subi très clairement des pressions. Et nous sommes amenés à refuser des demandes précises de patients qui sont décédés d’infections que nous savons très bien guérir… » Le problème tient dans cette réglementation sur le médicament qui ne reconnaît que des molécules, brevetables qui plus est, alors que les phages sont trop nombreux et surtout trop vivant pour correspondre aux cases. Du coup, le Dr Dublanchet confie qu’« à titre compassionnel, il est possible, selon ce que [lui] a dit le directeur de l’Agence du médicament, d’utiliser les bactériophages. Mais si un problème venait à apparaître, ce dernier n’en voulait rien savoir.» Et de poursuivre : « Nous ne voulons pas d’une médecine à la Ponce Pilate, mais simplement que la situation soit clarifiée et que la phagothérapie puisse être employée. » Idem pour le Dr Debarbieux : « Ici, c’est au patient de connaître les médecins ou services hospitaliers qui la pratiquent, disons-le, un peu sous le manteau. Il n’existe pas de phages en France parce que c’est interdit. Alors ces médecins iront se fournir à l’étranger, mettront des tubes dans le frigo et tenteront de soigner au mieux. Clairement, il est grand temps que les choses bougent. »

La relève de l’antibiothérapie ?

Il y a d’autant plus urgence que l’industrie pharmaceutique n’investit plus, pour des questions purement financières, dans l’antibiothérapie. Plusieurs raisons à cela que rappelle Alain Dublanchet : « Premièrement, l’industrie s’est désengagée parce que le traitement antibiotique est court. Dix jours maximum. Et afin de retarder l’évolution vers la résistance bactérienne, la tendance est à raccourcir plus encore la durée des prescriptions et à augmenter les doses. Les profits sont donc moins importants et les investissements se sont donc orientés vers les maladies chroniques comme Alzheimer ou Parkinson, ou des infections virales comme le sida ou l’hépatite. Deuxièmement, parce que plus une molécule est innovante moins elle va être prescrite, pour éviter la résistance. C’est le cas du linézolide, qui n’est prescrit que par les hôpitaux dans le cas d’infections graves et face à des bactéries résistantes à la méthicilline et aux pénicillines. »

Mais alors, la phagothérapie, c’est pour demain ou pour les calendes grecques ? Alain Dublanchet s’enthousiasme : « C’est pour aujourd’hui ! Ce que nous disons est simple : c’est à la réglementation de s’adapter à ce qu’elle n’a pas prévu, plutôt qu’à une thérapie du vivant de rentrer dans des cases. Mais j’ai plus que bon espoir et pour plusieurs raisons. Les pressions sont fortes de la part des scientifiques et de pays comme le Canada ou les États-Unis, de plus par la situation face aux bactéries multirésistantes et autres infections nosocomiales qui représentent un véritable risque de catastrophe sanitaire. Enfin, les bactériophages sont déjà utilisés par l’industrie agroalimentaire. » Mais c’est aussi à nous tous de permettre à cette thérapie d’être officielle, tonne Laurent Debarbieux : « On le voit bien avec les différents articles déjà parus, dès qu’un média se charge de l’affaire, le grand public vibrionne et souhaite que soit officialisée cette thérapie en complément de l’antibiothérapie. Il n’y a que comme cela, à mon avis, que les pouvoirs publics se décideront à accélérer les choses et à faire en sorte que la phagothérapie soit autorisée. »

Aux phages, citoyens !

 

En savoir plus

  • France : Centre hospitalier intercommunal de Villeneuve-Saint-Georges. Unité des maladies infectieuses. Tél. : 01 43 86 21 62. Site : chiv.fr.
  • Géorgie : George Eliava Institute of Bacteriophages, Microbiology and Virology, Tbilissi.
  • Tél. : +995 32 237 4910, www.eliava-institute.org.
  • Pologne (Wroclaw) : Ludwik Hirszfeld Institute of Immunology and Experimental Therapy - Tél. : +48 71 337 1172, www.iitd.pan.wroc.pl.

 

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